Je m'étais renseignée sur Thomas et j'avais trouvé le lieu où il habitait. Au risque de paraître entreprenante, je décidai d'aller le voir. J'avais cette étrange sensation de manque. Je ne lui avais parlé qu'une fois pendant une dizaine de minutes et il me manquait. Je ne voulais pas me l'avouer mais c'était bien ce que je ressentais. Alors j'avais décidé de jouer franc jeu avec lui et de lui dire mes sentiments. Je risquais de l'étonner, de le faire fuir mais je voulais courir ce risque. C'était la première fois que je vivais ça. Avec des parents comme les miens, une histoire d'amour était impossible. Je devais rester "pure" jusqu'au mariage.
Prise dans mes pensées je ne me rendis pas compte que Thomas était devant chez lui.
Thomas : Elysabeth ? Tu vas bien ?
Elysabeth : Donc on se tutoie. Oui je vais bien mais j'ai quelquechose d'important à te dire et ne me coupe pas avant que je finisse. Je n'ai jamais fait ce genre de choses mais je me lance. Bon ... depuis que je t'ai vu et parlé je ne cesse de penser à toi. Tu m'as plu dès le premier regard ... je ... je n'ai jamais eu d'expérience donc je ne sais pas ce que je ressens mais ... je ... suis ... troublée ... Tu me troubles depuis cette journée dans le parc ... Je ne sais pas quoi te dire ... Ca semble fou ... J'ai 20ans tu en as 28, tu as une fille. On vient de deux milieux différents mais ... tu m'attires ...
Je vis à son expression qu'il ne savait pas quoi me dire. Il était sonné, peut-être choqué. Et si j'avais tout gâché? Comme le silence me pesait je mis fin à cette conversation.
Elysabeth : Oublie ce que j'ai dit. N'y pense plus. J'ai été folle de croire qu'une fille comme moi pouvait t'intéresser. Je suppose que tu ne voudras plus me parler alors au revoir.
Je m'apprêtais à héler un taxi quand il bougea enfin. Il me prit par les mains et me dit ce que je voulais entendre.
Thomas : Tout est peut-être précipité. Ma femme est morte il y a un an et je ne peux l'oublier. Mais j'ai l'impression que c'est avec toi que j'y parviendrai. J'ai ressenti ça dès que je t'ai aperçue. Mais quand j'ai appris ton nom je me suis dit que nous n'aurions aucun avenir. Mes rêves de renaissance se sont effacés. Et j'ai hésité à t'appeler. J'ai trop souvent reposé mon téléphone ... là tu es là devant moi à me dire tout ça et moi je m'embrouille dans des explications trop longues ... Tu me troubles aussi et j'ai envi qu'il y ait un nous ... Tout va trop vite mais on s'en fiche ...
Il me prit dans ses bras et ressera de plus en plus son étreinte. Je sentais qu'il voulait attendre pour m'embrasser. Mais moi je ne pus attendre. Je dessera l'étreinte et je plongeai mes yeux dans les siens. Je souris et je posai mes lèvres sur les siennes. Ce baiser me sembla durer une éternité ! Puis je pris congés de lui. Je sentais son regard posé sur moi et je ne pus m'empêcher de sourire.
Je ne savais pas encore que cette histoire allait devenir très compliquée.