*8*

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Alors que cela faisait déjà plusieurs semaines que Thomas m'avait dit qu'il m'aimait il m'appela chez moi. Il ne l'avait jamais fait de peur de tomber sur mes parents. Par chance j'étais seule ce jour là.

Elysabeth :
Allo
Thomas : Elysabeth, c'est Thomas.
Elysabeth :
Tu es fou de m'appeler chez moi, mes parents auraient pu décrocher.
Thomas : J'aurai prétexté un faux numéro. Là j'ai reconnu ta voix. Je t'invite à déjeuner.
Elysabeth :
Chez toi ?
Thomas : Non au restaurant. J'en ai marre de vivre caché. Je t'aime et je veux le montrer. De plus tes parents ne sont pas là donc il n'y a aucun risque. Et je t'emmène dans un petit restaurant près de chez moi donc il n'y a aucune chance de croiser les gens de chez toi. Alors rendez-vous à 12h30 ?
Elysabeth : D'accord. A tout à l'heure.

J'allais sortir en public avec lui. Il avait réussi à me convaincre et même si je voulais dévoiler notre amour j'avais trop peur de mes parents. Je savais de quoi mon père était capable. Je ne voulais pas risquer de perdre Thomas.

On déjeunait dans ce petit restaurant et tout se déroulait bien jusqu'à ce que j'aperçoive Célestine Monfort. Et je savais qu'elle nous avait vu. Et là je commençai à avoir peur et Thomas vit que je n'étais pas à l'aise. Alors je lui expliquai les raisons. Il décida d'aller payer l'addition. Alors que je me retrouvai seule je décidai d'aller régler les choses avec Célestine.

Célestine :
Alors on joue les rebelles. On désobéit à papa. Que crois-tu qu'il dira quand il apprendra que tu fricottes avec des gigolos qui paraissent plus âgés que toi ?
Elysabeth : Thomas est loin d'être un gigolo. Je vous interdis de parler de lui ainsi.
Célestine : Comme c'est attendrissant. Tu prends sa défense. Profite bien de ce dernier moment avec lui Elysabeth. Bientôt ton père sera mis au courant et il mettra fin à cette petite aventure. Alors dit adieu à ton gigolo.
Elysabeth : Vous n'avez pas le droit. J'ai 20ans, je peux prendre seule mes décisions ...
Célestine : Garde tes arguments pour ton père, tu vas en avoir besoin.

Sur ces paroles elle sortit du restaurant. Thomas arriva et vit que j'étais pâle. Il me prit dans ses bras et je me mis à pleurer, pleurer et encore pleurer. Il me ramena chez lui par un taxi et passa le reste de la journée à essayer de me consoler. Il était prêt à aller lui-même voir mon père et à lui tenir tête mais je n'étais pas prête pour ce genre de situation. Je me sentais prise au piège. Comment avais-je pu penser que cette relation resterait secrète ? Ca faisait déjà 5 mois qu'on se cachait Thomas et moi. Il allait maintenant falloir que j'assume mes actes et mes choix. Mais avant j'allais tenter de changer le futur proche en jouant ma carte Antoine. Il fallait qu'il déjoue les projets de sa mère mais je ne misais pas beaucoup sur sa capacité à la raisonner.

# Posté le lundi 12 mars 2007 13:55

*9*

*9*
En rentrant chez moi après l'incident du restaurant je décidai de me détendre et de faire le vide dans mon esprit. Thomas m'aimait et je l'aimais et cette relation restait secrète depuis plusieurs mois. Malheureusement Célestine Monfort avait tout découvert et il ne me restait que quelques jours pour préparer l'affrontement avec mon père. Il fallait que je réfléchisse mais avant je devais tenter le tout pour le tout et appeler Antoine. Lui seul pouvait encore m'aider.

Antoine :
Hum ?
Elysabeth : Antoine c'est moi. J'ai besoin de ton aide et ...
Antoine : Doucement, pas si vite ...
Elysabeth : Tu te sens bien ?
Antoine : Oui oui. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
Elysabeth : C'est ta mère ...
Antoine : Arrête de pleurer et explique toi. Je ne comprends rien. Et je suis assez fatigué alors fais vite.
Elysabeth : Elle nous a vu ... Thomas et moi ... au restaurant. Elle menace de tout raconter à mon père. J'ai besoin que tu la fasses changer d'avis.
Antoine : Aïe. Mais quelle idée aussi d'aller au restaurant en pleine journée alors que vous devez vivre cachés.
Elysabeth : C'était une idée de Thomas. Il n'en peut plus de se cacher.
Antoine : Il aurait du y penser avant de te mettre dans son lit ...
Elysabeth : Antoine !
Antoine : Oui bon désolé. Mais là je ne peux rien faire. Tu connais ma mère aussi bien que moi. Elle est très têtue. Je ne peux rien faire pour t'aider. Je peux juste te soutenir face à ton père. Et puis là je suis un peu malade. Je n'ai pas la tête à réfléchir.
Elysabeth :Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Antoine : Je suis sorti la nuit dernière et j'ai un peu trop bu. Je ne me souviens pas bien de ma ...
Elysabeth : Antoine ? Antoine ? ANTOINE!

Le bruit d'une chute avait retenti. Ma gorge se serra. Il fallait que j'aille chez les Monfort. Même si je devais affronter le regard méprisant de Célestine. La santé de mon meilleur ami était en jeu.
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# Posté le jeudi 15 mars 2007 13:35

Modifié le samedi 17 mars 2007 01:26

*10*

*10*
Je m'habillai et me coiffai en vitesse et je couru jusque chez mon meilleur ami. Je pris la précaution de passer par mon entrée secrète pour éviter au maximum la rencontre avec Célestine. Alors que j'arrivai essoufflée dans sa chambre, Antoine était couché dans son canapé et regardait la télé. Il ne remarqua ma présence que quelques secondes plus tard.

Antoine :
Qu'est-ce que tu fais là ?
Elysabeth : Tu te fiches de moi ? Je me suis fait un sang d'encre. Tu aurais pu rappeler pour me rassurer au moins.
Antoine : Mais de quoi est-ce que tu parles ?
Elysabeth : De tout à l'heure au téléphone quand la fin de ta phrase s'est soldée par un bruit sourd, comme une chute.
Antoine : Ah, ça. Oui excuse-moi. J'ai un peu bu la nuit dernière et j'ai eu une sorte d'étourdissement. Un vertige en quelque sorte. Quand j'ai repris le téléphone, tu avais raccroché. Je ne pensais pas que tu étais si inquiète. Excuse-moi.
Elysabeth : Où étais-tu la nuit dernière ? Avec qui es-tu sorti ? Ce n'est pas dans tes habitudes de boire au point de te rendre malade. Il y a quelquechose d'autre n'est-ce pas ?
Antoine : Non je t'assure. Ca va. J'ai bu plus que de raison. Je me suis laissé emporter par l'ambiance.
Elysabeth : Est-ce que tu étais avec eux ?
Antoine : Elysabeth ... Je suis crevé ...
Elysabeth : Tu étais avec eux. Tu m'avais promis de ne plus les voir.
Antoine : Tu ne les connais pas. Toi tu couches avec le premier mec venu et je ne te juge pas alors respecte mes choix. Je suis assez grand pour faire ce que je veux.
Elysabeth : Ma relation avec Thomas n'affecte ni ma santé ni mes rapports avec les autres.
Antoine : On verra quand ton père saura si ça ne change rien dans vos rapports ...

Je m'apprêtais à rétorquer lorsque je le vis pâlir et tituber pour atteindre la salle de bain. L'alcool n'était pas le seul responsable de son état.

Antoine :
Elysabeth ? Tu avais raison. Je n'aurai pas du les revoir. Je me sens vraiment mal. Ma tête tourne en continu, je vois flou.
Elysabeth : Je t'emmène à l'hôpital.
Antoine : Non. Je ne veux pas que mes parents le sachent.
Elysabeth : Je ne leur dirai rien. Promis.
Antoine : Merci.

A peine installé dans le taxi, Antoine tourna de l'oeil. J'étais de plus en plus inquiète. Il savait qu'il ne devait pas les revoir et pourtant ...

# Posté le jeudi 15 mars 2007 14:07

Modifié le dimanche 17 juin 2007 14:38

*11*

*11*
Alors qu'Antoine avait tout de suite été pris en charge par les médecins, j'attendais seule et inquiète dans la salle d'attente. Comme je l'avais promis à Antoine je n'avais pas téléphoné à ses parents. Cependant si la situation s'agravait il faudrait qu'ils soient mis au courant.

Alors que j'attendais en me rongeant les ongles et en avalant cafés sur cafés, je repensais à tous mes souvenirs avec Antoine. Il avait été comme un frère pour moi. A peine plus âgé que moi, il avait toujours gardé sur moi un oeil protecteur. Il était mon seul véritable ami. Il me connaissait mieux que personne, plus encore que mes propres parents. J'avais tout vécu avec lui. Il m'avait appris à faire du vélo et je lui avais appris à nager. Nous nous connaissions depuis toujours, nous avions grandi ensemble. Et nous avions appris à nos 15 ans que nos parents projetaient de nous marier. C'était inconcevable. Nous nous aimions trop mais pas de cette amour qui unit les jeunes mariés. Notre mariage deviendrait presque incestueux. De plus, Antoine comprit à ses 18 ans qu'il était homosexuel et je l'avais toujours soutenu. C'était lui maintenant qui soutenait mon histoire avec Thomas.

Je repensais aux évènements récents. Il n'avait pas accepté avec beaucoup de joie mon histoire avec Thomas. C'était son côté protecteur. Et il s'était mis à fréquenter des personnes que toute la ville évitait. Peut-être l'avais-je délaissé ? Mon histoire avec Thomas prenait tout mon temps et je consacrais moins de temps à Antoine. Peut-être était-il allé les voir pour trouver du réconfort. Et si son état actuel était de ma faute ?

Plongée dans mes pensées et mes tourmentes je ne vis pas s'approcher de moi le docteur le pas lourd et l'air grave.
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# Posté le lundi 19 mars 2007 16:21

Modifié le mardi 20 mars 2007 05:43

*12*

*12*
J'étais perdue dans mes pensées tout en écoutant le bruit de la pluie ruisseler sur les fenêtres quand le docteur vînt me faire part de l'état d'Antoine.

Docteur :
Mademoiselle De Rochefort ?
Elysabeth : Bonsoir Docteur.
Docteur : Votre ami va devoir rester plusieurs jours à l'hôpital. Il a contracté une maladie sexuellement transmissible qui, si elle n'est pas soignée à temps, peut avoir des conséquences tragiques.
Elysabeth : Oh mon Dieu ! Est-ce qu'il va garder certaines séquelles ?
Docteur : Non puisque comme je vous l'ai dit il a été soigné à temps. Vous avez bien fait de l'emmener tout de suite à l'hôpital. Une semaine de trop aurait laissé des séquelles importantes.
Elysabeth : Je n'ai fait que mon devoir.
Docteur : Il va devoir subir un traitement par voie veineuse car la maladie a avancé. Est-ce que vous connaissez son emploi du temps des dernières semaines ?
Elysabeth : Non. Je sais juste qu'il est sorti la nuit dernière avec des personnes avec lesquelles il entretient des rapports ambigus. Il a , d'après ses dires, beaucoup bu et surement fumé. Et je pense qu'il a du avoir plusieurs relations sexuelles avec ces personnes depuis ces dernières semaines. Je lui avais fait promettre de ne pas les revoir mais il ne m'a pas écouté.
Docteur : Il aurait pourtant du. Ca lui aurait évité une semaine d'hospitalisation. De plus, l'alcool a agravé l'état de la maladie. Et je peux vous certifier qu'il n'a pas contracté cette maladie hier soir. C'est plus ancien. Le problème va être de savoir quels ont été ses partenaires sexuels pour les soigner aussi. Connaissez-vous leur nom ?
Elysabeth : Les jumeaux Cage.
Docteur : C'est plus grave que ce que je pensais. Merci Mademoiselle De Rochefort. Mes amitiés à votre père. Au revoir.
Elysabeth : Au revoir.

Je savais maintenant ce qui était responsable de l'état d'Antoine. Heureusement il avait été pris en charge juste à temps. Pourquoi s'était-il entêté à les revoir ? A cet instant il était couché sur un lit d'hôpital et aller devoir le rester pendant une semaine entière. Cependant j'avais le sentiment que le médecin ne me disait pas tout. Qu'avait-il voulu dire par "c'est plus grave que ce que je pensais" ? Il allait falloir que je prévienne les Monfort. Je venais d'obtenir un répit. Une fois de plus mon meilleur ami me sauvait la mise. Mais cette fois c'était la dernière.
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# Posté le mercredi 21 mars 2007 13:29

Modifié le jeudi 22 mars 2007 05:27