Après une heure à traîner dans l'hôpital, je me rendis dans la chambre d'Antoine.
Elysabeth : Antoine ? Je peux entrer ?
Antoine : Oui mais pas longtemps je suis fatigué.
Elysabeth : Comment te sens-tu ?
Antoine : Tu devrais éviter les questions d'usage et aller droit au but. Comment veux-tu que j'aille ? Je vais être cloué pendant une semaine voire plus sur un lit d'hôpital.
Elysabeth : Je t'avais dit qu'ils n'étaient pas fréquentables.
Antoine : Je me disais aussi qu'il y avait une autre raison à ta venue. Tu voulais me faire la morale. Qui es-tu pour pouvoir juger de mes fréquentations ? Est-ce que tu les connais ? Je ne pense pas. Je n'ai jamais jugé ton Thomas. Je n'ai jamais dit de choses désagréables à son sujet. Une maladie sexuellement transmissible ça peut arriver à tout le monde. Peut-être que tu finiras aussi par en chopper une avec ton Apollon. Une fois qu'ils seront prévenus et qu'ils seront soignés, il n'y aura aucune raison pour que je ne les vois plus. Ils sont mes amis. Ils ne m'ont pas abandonné.
La dureté de ses paroles et la froideur de son ton m'avait glacé le sang. Ainsi il me jugeait en partie responsable de son état. Et ce changement s'était fait sous mes yeux sans que je ne m'en aperçoive. Ma nouvelle vie effaçait peu à peu l'ancienne. Mais seul Antoine m'y rattachait. Qu'allais-je devenir sans lui ?
Mais alors que je m'apprêtais à sortir il me rattrapa.
Antoine : Elysabeth! Excuse-moi. Je ne voulais pas être dur avec toi. Mais je les aime et même s'ils sont spéciaux je ne peux pas te promettre de ne plus les revoir. Mais avant tout j'ai besoin de toi. Tu es comme ma petite soeur. Pardonne-moi.
Elysabeth : Tu devrais aller te reposer. Je reviendrai demain. Le médecin a prévenu tes parents et ils vont arriver. Je préfère m'en aller et éviter ta mère.
Antoine : Tu me promets de revenir demain ?
Elysabeth : Est-ce que toi tu me promets de ne plus les revoir ?
Antoine : Je ne peux pas.
Elysabeth : Alors je ne peux pas te promettre de revenir demain.
Je sentais que j'avais été dure avec lui. Mais il m'avait blessée. Mes yeux s'embuèrent de larmes et quand je fus installée dans le taxi je me mis à me vider de toutes les larmes de mon corps. Notre amitié s'était fissurée et je priais pour que cette fissure ne s'agrandisse pas. Cependant je savais que rien ne serait plus comme avant.




