Thomas : Allo.
Elysabeth : Coucou mon chéri c'est moi.
Thomas : Ca tombe bien que tu appelles. Je dois te parler.
Elysabeth : Après. J'ai une excellente nouvelle. J'ai tout dit à mon père et il ne l'a pas accepté alors je suis partie de chez moi il y a quatre jours. Et puis aujourd'hui j'ai reçu un appel de ma mère. Elle m'a donnée la maison de ma grand-mère, à la sortie de la ville. Tu te rends compte, j'ai ma propre maison. Je suis indépendante. Toi et moi on n'aura plus besoin de se cacher. On va pouvoir vivre libre et heureux. Je nage en plein bonheur. Tu viens ce soir pour qu'on puisse fêter ça ?
Thomas : Justement, je devais te parler. J'ai un stage à faire dans une école en Angleterre pour perfectionner mon anglais. Il dure trois mois.
Elysabeth : Pourquoi tu ne m'avais rien dit ?
Thomas : Je ne l'ai accepté que mardi. J'ai essayé de te joindre mais ton portable était éteint et tu ne t'es jamais connectée. Je ne savais pas où tu étais.
Elysabeth : Oui, je suis désolée. J'avais besoin de quelques jours de solitude pour réfléchir.
Thomas : Enfin tout ça pour dire que je pars demain matin.
Elysabeth : Demain ? Mais c'est trop rapide là.
Thomas : Oui je sais. Je suis au courant depuis plusieurs mois mais j'avais du mal à prendre ma décision parce que je ne voulais pas m'éloigner de toi. Mais c'est mon avenir qui est en jeu alors je me suis dit que tu comprendrais et que tu m'attendrais. Enfin je l'espère ...
Elysabeth : Bien sur que je t'attendrais. Mais c'est dommage. Je voulais que l'on puisse profiter ensemble de ma grande maison. Et ta fille ?
Thomas : Ma belle-mère vient la garder et elle viendra quelques week-end.
Elysabeth : Ta belle-mère ?
Thomas : La mère de ma femme. Juliette l'aime beaucoup et moi aussi. J'ai gardé beaucoup de contact avec ma belle-famille.
Il avait dit "ma femme". Je savais qu'il l'aimait mais pas qu'il continuait de la considérer comme sa femme. J'avais envi que "sa femme" ce soit moi et aucune autre. Je savais qu'il m'aimait mais la façon dont il parlait d'elle m'inquiétait toujours.
Elysabeth : Tu viens quand même à la maison ? J'aimerai pouvoir te dire au revoir.
Thomas : Je suis désolé, je ne peux pas. Ma belle-mère est déjà arrivée et elle ne sait rien pour nous deux. Je ne veux pas la brusquer même si je sais qu'elle serait enchantée pour moi. Là, elle est allée faire un tour avec Juliette mais elles ne devraient pas tarder à rentrer.
Elysabeth : Alors tu vas partir demain pour trois mois et tu ne vas même pas me dire au revoir. Juste une conversation téléphonique ?
Thomas : Je sais que c'est difficile. Ca l'est aussi beaucoup pour moi mais je n'ai pas le choix. Je veux attendre avant de lui dire pour nous deux. Juliette n'est même pas encore au courant. Il faut que tu comprennes que la situation est délicate.
Elysabeth : On est en couple depuis six mois. Il te faut quoi pour prendre notre relation au sérieux ? J'ai tout dit à mon père. Et toi tu ne dis toujours rien. Est-ce que je ne suis qu'une passade pour toi ?
Thomas : Elysabeth tu sais très bien que je t'aime et je ne veux pas me disputer avec toi avant de partir. Mais ma fille est encore trop jeune pour comprendre ce qui m'arrive. J'aimerai beaucoup te serrer dans mes bras avant de partir mais c'est impossible.
Elysabeth : Amuse toi bien en Angleterre.
Thomas : Tu vas me manquer. Je t'aime.
Elysabeth : ...
Thomas : Je t'appellerai en arrivant.
J'avais l'impression que tout le monde me fuyait : Antoine, Thomas, mon père. Seules ma mère et Claudia étaient encore là. J'avais prévu de passer une magnifique soirée avec Thomas. Je voulais le revoir car il me manquait beaucoup trop. Mais j'allais devoir revoir mes plans pour la soirée. J'étais seule, désespérément seule. Je voulais être indépendante mais pas seule. Qu'allais-je faire sans Thomas pendant trois mois ou plus ? J'avais réagi comme une gamine. Je n'étais plus très sûre qu'il me reparle un jour. Alors que quelques minutes auparavant j'étais heureuse, là je commençais à déprimer. Ma nouvelle vie si formidable démarrait sur les chapeaux de roue !




