*18*

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Après avoir revisiter avec plaisir toutes les pièces de ma nouvelle maison, je pris mon téléphone pour prévenir Thomas. Il fallait qu'il sache que désormais on était libre. Nous n'étions plus forcé de nous cacher.

Thomas :
Allo.
Elysabeth : Coucou mon chéri c'est moi.
Thomas : Ca tombe bien que tu appelles. Je dois te parler.
Elysabeth : Après. J'ai une excellente nouvelle. J'ai tout dit à mon père et il ne l'a pas accepté alors je suis partie de chez moi il y a quatre jours. Et puis aujourd'hui j'ai reçu un appel de ma mère. Elle m'a donnée la maison de ma grand-mère, à la sortie de la ville. Tu te rends compte, j'ai ma propre maison. Je suis indépendante. Toi et moi on n'aura plus besoin de se cacher. On va pouvoir vivre libre et heureux. Je nage en plein bonheur. Tu viens ce soir pour qu'on puisse fêter ça ?
Thomas : Justement, je devais te parler. J'ai un stage à faire dans une école en Angleterre pour perfectionner mon anglais. Il dure trois mois.
Elysabeth : Pourquoi tu ne m'avais rien dit ?
Thomas : Je ne l'ai accepté que mardi. J'ai essayé de te joindre mais ton portable était éteint et tu ne t'es jamais connectée. Je ne savais pas où tu étais.
Elysabeth : Oui, je suis désolée. J'avais besoin de quelques jours de solitude pour réfléchir.
Thomas : Enfin tout ça pour dire que je pars demain matin.
Elysabeth : Demain ? Mais c'est trop rapide là.
Thomas : Oui je sais. Je suis au courant depuis plusieurs mois mais j'avais du mal à prendre ma décision parce que je ne voulais pas m'éloigner de toi. Mais c'est mon avenir qui est en jeu alors je me suis dit que tu comprendrais et que tu m'attendrais. Enfin je l'espère ...
Elysabeth : Bien sur que je t'attendrais. Mais c'est dommage. Je voulais que l'on puisse profiter ensemble de ma grande maison. Et ta fille ?
Thomas : Ma belle-mère vient la garder et elle viendra quelques week-end.
Elysabeth : Ta belle-mère ?
Thomas : La mère de ma femme. Juliette l'aime beaucoup et moi aussi. J'ai gardé beaucoup de contact avec ma belle-famille.

Il avait dit "ma femme". Je savais qu'il l'aimait mais pas qu'il continuait de la considérer comme sa femme. J'avais envi que "sa femme" ce soit moi et aucune autre. Je savais qu'il m'aimait mais la façon dont il parlait d'elle m'inquiétait toujours.

Elysabeth :
Tu viens quand même à la maison ? J'aimerai pouvoir te dire au revoir.
Thomas : Je suis désolé, je ne peux pas. Ma belle-mère est déjà arrivée et elle ne sait rien pour nous deux. Je ne veux pas la brusquer même si je sais qu'elle serait enchantée pour moi. Là, elle est allée faire un tour avec Juliette mais elles ne devraient pas tarder à rentrer.
Elysabeth : Alors tu vas partir demain pour trois mois et tu ne vas même pas me dire au revoir. Juste une conversation téléphonique ?
Thomas : Je sais que c'est difficile. Ca l'est aussi beaucoup pour moi mais je n'ai pas le choix. Je veux attendre avant de lui dire pour nous deux. Juliette n'est même pas encore au courant. Il faut que tu comprennes que la situation est délicate.
Elysabeth : On est en couple depuis six mois. Il te faut quoi pour prendre notre relation au sérieux ? J'ai tout dit à mon père. Et toi tu ne dis toujours rien. Est-ce que je ne suis qu'une passade pour toi ?
Thomas : Elysabeth tu sais très bien que je t'aime et je ne veux pas me disputer avec toi avant de partir. Mais ma fille est encore trop jeune pour comprendre ce qui m'arrive. J'aimerai beaucoup te serrer dans mes bras avant de partir mais c'est impossible.
Elysabeth : Amuse toi bien en Angleterre.
Thomas : Tu vas me manquer. Je t'aime.
Elysabeth : ...
Thomas : Je t'appellerai en arrivant.

J'avais l'impression que tout le monde me fuyait : Antoine, Thomas, mon père. Seules ma mère et Claudia étaient encore là. J'avais prévu de passer une magnifique soirée avec Thomas. Je voulais le revoir car il me manquait beaucoup trop. Mais j'allais devoir revoir mes plans pour la soirée. J'étais seule, désespérément seule. Je voulais être indépendante mais pas seule. Qu'allais-je faire sans Thomas pendant trois mois ou plus ? J'avais réagi comme une gamine. Je n'étais plus très sûre qu'il me reparle un jour. Alors que quelques minutes auparavant j'étais heureuse, là je commençais à déprimer. Ma nouvelle vie si formidable démarrait sur les chapeaux de roue !

# Posté le vendredi 30 mars 2007 14:07

*19*

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Je passais ma soirée couchée sur le canapé à repenser sans cesse à ma conversation avec Thomas. Je lui en avait voulu alors que j'étais la seule responsable du fait qu'il me prévienne à la dernière minute. Mais d'un autre côté il avait dit être courant du stage depuis plusieurs semaines mais il ne m'en avait jamais touché un mot. J'étais mal, seule dans ma maison vide. Je regardais des émissions de variété toutes plus ridicules les unes que les autres mais ça me passait le temps. Ce temps qui allait s'arrêter dans les mois prochains.
Je récapitulais : Claudia avait ses cours, Thomas était parti, Antoine ne m'adressait presque plus la parole et je ne voulais pas trop déranger ma mère. J'étais donc bien seule. Et dire que j'avais imaginé passer une soirée romantique, allongée entre les bras de l'homme que j'aime. Et voilà que j'étais en tenue de sport devant une présentatrice assez idiote et des artistes qui ne savent pas chanter sans le playback.

J'avais eu Claudia au téléphone dans la soirée et elle m'avait conseillée d'acheter un animal pour me sentir moins seule. En y réfléchissant son idée était loin d'être stupide. J'avais toujours souhaité avoir un beau chat au poil blanc et soyeux. C'était décidé j'allais aller dès le lendemain acheter un chat, une femelle. Je l'appellerai Prunelle. Cette petite réflexion fut le plus grand travail effectué par mon cerveau de la soirée. Je finis par m'endormir bercée par une musique loin d'être très mélodieuse.

J'avais une vie passionnante !!!
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# Posté le lundi 02 avril 2007 12:45

*20*

*20*
Le lendemain matin, après ma longue nuit sur le canapé, je partis en taxi en direction de la plus grande animalerie de la ville. Il me fallait LE chat, celui de mes rêves, celui que mon père m'avait toujours refusé. Je mis des vêtements en vitesse et je pris place dans le taxi. Je connaissais le chauffeur puisque je prenais le taxi depuis longtemps. Il reconnut à mon air que ça n'allait pas et il est parfois plus facile de parler à des personnes peu proches.

Chauffeur :
Ca n'a pas l'air d'être la forme aujourd'hui. D'habitude vous êtes plus souriante.
Elysabeth : C'est parce que je viens d'emménager dans cette grande maison et je me sens seule. Mon petit ami est parti pour plusieurs mois et je n'ai été mise au courant qu'hier soir. Je n'ai même pas pu lui dire au revoir.
Chauffeur : Ne vous inquiétez pas. Il reviendra. Le temps passe vite vous savez alors profitez de votre vie et ne vivez que le moment présent.
Elysabeth : Oui je sais. Mais il va terriblement me manquer et j'ai peur qu'il trouve une fille plus belle et plus mature que moi là-bas.
Chauffeur : Il ne pourra pas trouver plus jolie que vous ;)
Elysabeth : Vous allez me faire rougir. Et vous, comment allez vous ?
Chauffeur : Je pars à la retraite le mois prochain.
Elysabeth : Oh. Vous allez me manquer. Je m'étais habituée à vous.
Chauffeur : Vous me manquerez aussi. Vous êtes ma cliente préférée. J'aurai aimé avoir une fille comme vous.
Elysabeth : Merci beaucoup. Vous restez dans la ville ?
Chauffeur : Non je vais m'installer au Canada. J'avais juré à ma femme qu'on y vivrait à ma retraite. Malheureusement la maladie l'a emportée trop tôt. Alors je tiens malgré tout ma promesse. Je veux qu'elle me voit de là haut.
Elysabeth : Je suis désolée. Vous avez des enfants ?
Chauffeur : Un fils. Mais je ne le vois plus depuis la mort de ma femme. Il a coupé les ponts. Je lui écris régulièrement mais je ne reçois jamais de réponse.
Elysabeth : C'est terrible. Mais je sais que je ne donnerai plus de nouvelles à mon père. Mais là c'est lui qui est responsable.
Chauffeur : Oui, je connais l'histoire. Voilà nous sommes arrivés.
Elysabeth : Vous acceptez les animaux ?
Chauffeur : Normalement non mais avec vous je pourrai tout accepter.
Elysabeth : Vous m'écrirez du Canada ?
Chauffeur : Oui. Et j'espère bien être invité à votre mariage.
Elysabeth : Oui un jour. En fait je risque d'être longue. Je rentrerai à pieds mais merci quand même.
Chauffeur : Comme vous voudrez. Prenez le taxi pendant le mois.
Elysabeth : Je n'y manquerai pas. Au revoir.

Cette conversation me fis prendre conscience qu'il y avait des choses plus graves que le stage de Thomas. Ce pauvre homme avait quand même une joie de vivre débordante. Je l'aimais beaucoup. Et voilà que lui aussi allait m'abandonner. Mais je savais que je garderai un contact avec lui. Il allait être comme un second père pour moi.

Je finis par entrer dans le magasin et là je vis le plus beau des persans blancs. En plus c'était une femelle. Je me renseignai auprès du vendeur et je pus l'acheter. J'avais désormais un chat et un nouvel ami. Je sentis que ma joie revenait. J'étais vraiment lunatique ! Ma vie me semblait de nouveau belle.
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# Posté le lundi 02 avril 2007 13:19

*21*

*21*
Il se passa un mois avant que je me décide qu'il était temps d'aller en Angleterre retrouver Thomas. Nous n'avions eu que de brefs échanges téléphoniques et je ne voulais pas laisser la distance s'installer un peu plus.
Je savais que mes parents étaient déjà allés à Londres et je pris quelques renseignements auprès de ma mère.

Raymonde :
Mais ma chérie c'est à toi de choisir si tu préfères l'avion ou le train. Je peux juste te dire que l'avion est plus rapide mais que moi je ne le supporte pas.
Elysabeth : Non mais tu comprends, je veux que ce week-end avec Thomas soit magique. On ne s'est pas vu depuis plus d'un mois.
Raymonde : Oui mais le moyen de transport ça ne le concerne pas. Mais prends une réservation à l'hôtel London et prends la au nom de ton père. Ca te permettra d'obtenir la meilleure suite.
Elysabeth : Désolée de te déranger avec tout ça mais c'est la première fois que je pars seule à l'étranger.
Raymonde : Je sais, ça fait un million de fois que tu le dis.
Elysabeth : Comment va Antoine ? Je n'ai plus de nouvelles de lui. Il n'a répondu à aucun de mes mails.
Raymonde : Il va bien mais il a très peu de temps pour lui en ce moment. Ernest est en train de le former pour qu'il reprenne les commandes de l'entreprise.
Elysabeth : Ah oui le pauvre. Bon je te laisse. Je suis en train de réserver mes billets d'avion.
Raymonde : Et bien au moins tu auras fini par te décider.

Et voilà j'avais encore dérangé ma mère. Il allait vraiment falloir que je me débrouille seule maintenant. Ma réservation était faite, je partais le lendemain à 8h du matin. Il fallait que j'attire Thomas à cet hôtel. Je décidai de lui envoyer un mail.

"Rendez-vous à Green Park demain à 11h. Je t'aime"

Et voilà le sort en était jeté. J'allais le revoir. J'attendais cet instant depuis un mois, ce qui signifie une éternité.

# Posté le mercredi 11 avril 2007 12:53

*22*

*22*
Le voyage s'était très bien passé et je l'avais attendu à notre lieu de rendez-vous. A cause de son retard je pensais qu'il ne viendrait pas. Mais son apparition me fit frissonner de plaisir. Je courus pour me jeter dans ses bras. Nous n'avions pas besoin de paroles pour comprendre ce manque que nous avions ressenti si loin l'un de l'autre. Il était beau mais avait l'air fatigué.

Elysabeth :
Tu as l'air fatigué
Thomas : Oui le stage est crevant et je ne maîtrise pas encore l'anglais. Je t'avoue que ça fait du bien de parler français.
Elysabeth : Tu me manquais. Je suis pressée que ce stage se termine enfin.
Thomas : Justement, à propos de ça. Il y a une possibilité que ca stage dure plus longtemps que prévu.
Elysabeth : Je vois. Mais je ne suis pas ici pour me disputer avec toi. Fais moi visiter Londres.

On écourta la visite en raison du mauvais temps. Il faisait un froid glacial et nous étions pressés de nous retrouver seuls tous les deux. Il était heureux et surpris de ma venue. Il voulait profiter au maximum de ces deux jours ensemble et pour cela on fit le projet de ne pas quitter notre chambre d'hôtel. Nous prîmes le taxi pour nous rendre dans ce grand hôtel où j'avais réservé la plus grande suite.

Elysabeth :
Et voilà. Nous y sommes. Cet hôtel est à nous pour le reste du week-end.
Thomas : Tu es formidable Elysabeth. Je suis tellement heureux de t'avoir recontrée. Je t'aime tant. Je n'en pouvais plus de ne pas te voir. J'ai vraiment besoin de toi.
Elysabeth : Viens. Notre suite nous attend.

Nous ne prîmes même pas la peine d'attendre d'être dans notre chambre. A peine étions nous dans l'ascenseur que nous nous jetâmes l'un sur l'autre. La chaleur de son corps m'avait manquée. Tout en lui me manquait. Nous nous donnions l'un à l'autre au milieu de cet ascenseur et tout cela nous paraissait normal.
On rejoigna notre chambre quelques minutes après pour n'en ressortir qu'au terme de ces deux jours.

Ce week-end avait été merveilleux. Nous étions ensemble et rien d'autre ne comptait. On s'aimait et on profitait de cette occasion pour rattraper notre retard. Tout était merveilleux. Ce fût notre dernier véritable moment de bonheur avant quelques temps.
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# Posté le samedi 14 avril 2007 09:57

Modifié le dimanche 15 avril 2007 07:27