*23*

*23*
En rentrant je pris rendez-vous avec ma mère pour passer une journée toutes le deux. Elle voulait tout savoir de ce week-end à Londres.
On passa la journée en ville et on s'arrêta dans une petite boulangerie pour nous reposer.

Raymonde :
Et il revient quand alors ?
Elysabeth : Je ne sais toujours pas. Il a juste dit que son stage allait durer plus longtemps que prévu.
Raymonde : Il viendra peut-être un week-end ici. Il faut bien qu'il voit sa fille.
Elysabeth : Mais il la voit. L'école où il fait son stage est informée de sa situation et elle paye les billets de Juliette un week-end sur deux. Il la voit tous les quinze jours.
Raymonde : C'est toujours la petite qui se déplace ?
Elysabeth : Oui, je crois.
Raymonde : C'est étrange quand même. C'est fatiguant pour une petite fille de dix ans de prendre l'avion un week-end sur deux. Moi je pense plutôt qu'ils alternent.
Elysabeth : Mais non. S'il venait un week-end sur deux je serais prévenue. Il passerait me voir.
Raymonde : Tu as surement raison. Tu le connais mieux que moi.

Je sentais cependant que ma mère n'était pas satisfaite. Mais la conversation prit une autre tournure et le reste de la journée passa à une vitesse surprenante. Ma mère ne voulut pas passer chez moi alors on partit dans deux directions opposées. Elle, avec son chauffeur personnel et moi par le taxi.
Quand je rentrai chez moi, le téléphone sonnait. C'était Claudia.

Elysabeth :
Justement je voulais t'appeler. J'ai passé le week-end à Londres avec Thomas.
Claudia : C'est génial mais j'ai quelquechose d'important à te dire. Je n'ai pas eu le temps de te joindre la semaine dernière et ce week-end non plus mais je viens de comprendre pourquoi.
Elysabeth : Je t'écoute.
Claudia : C'est assez difficile à dire.
Elysabeth : Ne tourne pas autour du pot et va droit au but.
Claudia : C'est à propos de Thomas. Je l'ai vu en ville avec sa fille le week-end dernier, celui d'avant Londres.

Je restai choquée. Claudia attendit plusieurs minutes mais finit par raccrocher. Elle savait que j'avais besoin de digérer cette information. Ainsi ma mère avait raison. Il était en fait revenu un week-end sur deux ici sans jamais passer me voir. Ce week-end à Londres venait de perdre toute la saveur qu'il avait. Il avait vu sa fille tous les week-end. Elle y allait et lui venait. Comment avait-il pu me mentir à ce point ? Et pourquoi était-il disponible ce week-end ?
Mes larmes coulèrent en même temps que la neige tombait. L'automne était finit.
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# Posted on Sunday, 15 April 2007 at 7:47 AM

*24*

*24*
J'avais décrété que son mensonge avait eu raison de notre relation. Il disait m'aimer mais me mentait sans rougir, sans aucune honte de lui même. Et après il me couchait dans son lit. Et dire que j'avais eu confiance en lui, que j'avais renié mon père, Antoine et le reste de mon ancienne vie. Mais alors que cela faisait plusieurs semaines que je ne lui donnais plus une seule nouvelle, il frappa à ma porte.

Thomas :
Bonjour mon amour. J'étais inquiêt de ne pas avoir de nouvelles.
Elysabeth : Tu n'es pas le bienvenu dans cette maison. J'espere que tu n'as pas fait le voyage pour ça.
Thomas : Pourquoi est ce que tu es si froide et si distante ?
Elysabeth : Ne fais pas l'innocent. Je suis au courant pour tes petites visites à Juliette. Tu n'es jamais venu me voir, tu me disais que tu restais là-bas.
Thomas : Je suis désolé. c'est vrai que je n'aurai pas du te mentir mais ma belle-mère me disait que Juliette avait des problèmes alors j'ai préféré lui consacrer beaucoup de mon temps. Et je me disais que si tu savais que je venais tu n'aurais peut-être pas accepté que je ne vienne pas te voir.
Elysabeth : Tu n'aurais pas du me mentir. Je ne pourrai plus te faire confiance.
Thomas : Mais si. Allez viens.

Il posa ses lèvres contre les miennes et ce baiser si chaud et passionné me fit tomber une fois de plus dans ses bras. Comme une idiote je n'avais pas résisté à l'appel de son corps. Je m'endormis blôttie dans ses bras pour me réveiller le lendemain matin seule dans mon grand lit vide et froid. Je trouvai une lettre sur la table de nuit

"Je suis désolé j'ai du partir plus tôt pour aller dire au revoir à Juliette avant de reprendre mon avion. Merci pour cette nuit, c'était extra. Mon stage se finit dans deux semaines. J'espère que tu seras là à mon retour. Je t'aime ..."

Ainsi il avait quitté ma maison sans savoir que cette nuit n'allait pas être sans conséquence. La neige avait envahi tout mon jardin, c'était beau. Plus beau que le futur proche qui m'attendait.
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# Posted on Saturday, 21 April 2007 at 7:25 AM

*25*

*25*
Une semaine après ma courte nuit avec Thomas, c'était l'anniversaire d'Antoine. Même si je n'avais de nouvelles que par l'intermédiaire de ma mère depuis le fameux séjour à l'hôpital d'Antoine, je me disais que je me devais d'aller lui rendre visite. Après tout nous étions amis depuis toujours et je n'avais jamais oublié son anniversaire. Peut-être qu'il serait content de me voir.

Raymonde :
Quand finiras-tu par prendre seule tes décisions? D'abord l'avion pour l'Angleterre et maintenant tu me demandes si oui ou non tu dois aller voir Antoine aujourd'hui.
Elysabeth : Je sais mais il ne m'a plus donnée de nouvelles. Peut-être qu'il m'a définitivement sortie de sa vie. Après tout il m'a dit lui même que j'étais responsable de sa maladie.
Raymonde : Il était sous le choc. On dit un tas de bêtise quand on est sous le choc. Et c'était plus facile pour lui de s'en prendre à toi puisqu'il te connait bien.
Elysabeth : Alors j'y vais ou pas ?
Raymonde : Rappelle moi quel âge tu as.
Elysabeth : Bientôt 21 ans ...
Raymonde : Alors il me semble que tu es assez grande pour te décider seule.
Elysabeth : Mais maman j'ai besoin de ton aide.
Raymonde : Non ça c'est ce que tu penses mais tu sais très bien te débrouiller seule. Tu n'as pas eu besoin de moi pour prendre tes décisions vis à vis de Thomas et de ton père. Je pense que si tu y vas Antoine sera content.
Elysabeth : J'irai ce soir par mon entrée secrete
Raymonde : Nous allons y dîner ce soir. D'ailleurs je vais devoir te laisser, je dois surveiller la cuisson de mon gâteau. Au revoir ma puce.
Elysabeth : Oui c'est ça, au revoir.
Raymonde : Quel sale caractère !

Ma mère n'était plus d'un grand secours depuis quelques temps. Je sentais que quelquechose la tracassait. Mais mon soucis premier était de savoir ce que je dirai à Antoine en le voyant.
Je me rendis chez lui dans la soirée avec une carte et un cadeau. Je savais toujours quoi lui acheter. Alors que j'arrivais à hauteur de sa fenêtre je le vis en compagnie d'un homme. Mais pas n'importe quel homme. C'était Nikola Cage. Je restais plantée pendant une bonne dizaine de minutes puis je partis. Cette année il se contenterait d'une carte pour son anniversaire. Il ne fût jamais au courant de ma venue.
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# Posted on Saturday, 21 April 2007 at 7:34 AM

*26*

*26*
Le stage de Thomas était terminé mais il avait passé les deux semaines de vacances scolaires en Ecosse avec Juliette. Cela faisait un mois que je ne l'avais pas vu mais il ne me manquait pas. Je n'avais toujours pas accepté qu'il m'ait menti. J'avais l'impression que mon amour pour lui s'éteignait de jour en jour. Avec le temps je me rendais compte que tout avait été trop rapide et que je m'étais éprise trop vite telle une adolescente en émois.
La fin de l'hiver approchait mais il faisait encore très froid. J'avais sans arrêt la tête qui tournait et des douleurs au ventre.

Claudia :
Tu as une sale tête.
Elysabeth : Merci pour la délicatesse de tes paroles!
Claudia : Je passais vite fait te dire que les recherches de ma mère pour retrouver mon père avançaient de jour en jour.
Elysabeth : Mouais, cool.
Claudia : Tu es d'une humeur massacrante aujourd'hui.
Elysabeth : Excuse moi mais je suis à cran. Ca fait plusieurs jours que je suis malade.
Claudia : Oui ça se voit. Tu es allée voir un médecin ?
Elysabeth : Non, ça va passer. Ce sont juste les petites maladies traditionnelles de l'hiver.
Claudia : Tu es brûlante. Tu vas me faire le plaisir de bouger tes fesses, d'attraper ton téléphone et d'aller d'urgence à l'hôpital. Sinon je te préviens que je t'y emmène de force.
Elysabeth : D'accord j'appelle.

Mon médecin était absent alors j'avais du me résigner à aller à l'hôpital alors que je détestais y mettre les pieds. Je dus attendre une bonne heure dans la salle d'attente. Claudia s'était assurée que je venais bien aux Urgences puis étais repartie. J'adorais cette petite. Elle était tellement plus mature que moi.
Un médecin, le même que celui qui s'était occupé d'Antoine, m'examina. Il avait préféré faire tout un tas d'analyses inutiles et j'avais du me résigner à tendre mon bras pour qu'on me prélève un peu de mon sang.

Docteur :
Je vais m'arranger pour que les analyses soient faites dans la nuit. On vous appellera demain pour vour faire part des résultats. En attendant je vous prescris ces médicaments pour que vous puissiez vous reposer.
Elysabeth : Merci. Au revoir.

Ma nuit se passa comme toutes mes nuits précédentes depuis 4 jours. Je faisais des allers et retours entre la salle de bain et mon lit. Ces fichus médicaments ne fonctionnaient pas du tout. Je me jurais d'aller tabasser ce médecin le lendemain. Alors que je commençais enfin à dormir calmement, le téléphone sonna.

Elysabeth :
Hum ?
Docteur : Mademoiselle De Rochefort ? Ici le docteur Wilson.
Elysabeth : Il devrait être interdit d'appeler les patients si tôt.
Docteur : Nous avons reçu les résultats des analyses et c'est bien ce que je pensais.
Elysabeth : Et ?
Docteur : Vous êtes enceinte.
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# Posted on Sunday, 22 April 2007 at 10:12 AM

*27*

*27*
"Vous êtes enceinte". Je n'avais pas rêvé. Je lui avais fait répéter plusieurs fois pour être bien sure de ce que je venais d'entendre. "Je suis formel vous êtes enceinte et ce depuis un mois environ". Tout s'arrêta autour de moi. Je ne pouvais pas être enceinte, je ne voulais pas être enceinte. Et ce débile de médecin qui me félicitait. Comment allais-je pouvoir prévenir Thomas ? Et plus je me disais que ce bébé grandissait en moi, plus je haïssais Thomas. Cet obsédé m'avait fait ça quand il m'avait fait gober son histoire sur les problèmes de Juliette. Je ne voulais plus jamais entendre parler de lui. Tout aurait été différent s'il n'était pas venu ce soir là. D'ailleurs, en y repensant, il n'était venu que dans un seul but. Quel obsédé. Un coup de fil de Claudia mit fin à mes pensées négatives sur Thomas.

Claudia :
Salut c'est moi. Qu'est ce que t'ont dit les médecins ?
Elysabeth : Je hais Thomas.
Claudia : Comme tu veux. Mais pour ta maladie ?
Elysabeth : Je le déteste Claudia, je le hais, je ne veux plus jamais le revoir.
Claudia : Elysabeth ? Est ce que ça va ?
Elysabeth : Non ça ne va pas ... Je ne veux plus ... Claudia ... J'ai besoin de toi.
Claudia : Ne pleure pas. Dis moi tout.
Elysabeth : Je suis enceinte.
Claudia : Tu es sûre ?
Elysabeth : Non, bien sur que non. Je l'ai inventé spécialement pour toi.
Claudia : Ok. Je suppose que Thomas est le père.
Elysabeth : Evidemment. Ca date d'il y a un mois quand cet enfoiré à réussi à me remettre dans son lit.
Claudia : Je sais que ça peut faire un choc mais d'un autre côté vous allez pouvoir officialiser votre relation et construire un avenir ensemble.
Elysabeth : Mais je veux pas d'avenir avec un homme qui me ment sans aucune honte, qui se fiche de notre relation. Je ne veux plus de lui dans ma vie.
Claudia : Pourtant tu vas devoir te résigner. Vous allez être liés toute votre vie par ce bébé et ça que tu le veuilles ou non. Il va falloir que tu préviennes Thomas. D'ailleurs il aurait même du être au courant avant moi.
Elysabeth : Je ne veux pas. Je veux qu'il sorte définitivement de ma vie.
Claudia : Je trouve que tu exagères. Il ne t'a menti qu'une seule fois et c'était pour le bien être de sa fille. Tu ne devrais pas en faire toute une histoire. Et puis il y a encore quelques semaines tu étais folle amoureuse de lui. Tu parlais sans cesse de ton week-end à Londres. Alors là tu exagères. Tu l'aimes encore mais tu fais passer ta fierté avant tout.
Elysabeth : Bien sur que non. Je ne veux pas m'engager avec lui sachant qu'il n'est pas prêt pour annoncer notre histoire à ses amis, à sa famille et même à sa fille.
Claudia : Fais ce que tu veux mais tu as le devoir de lui annoncer.
Elysabeth : Pas tout de suite. Il faut que je digère cette nouvelle.
Claudia : Je suis sûre que tu feras une excellente mère.
Elysabeth :Oui c'est ça.
Claudia: Bon je te laisse, je dois aller en cours.
Elysabeth : Ouais, salut.

Elle avait raison. Elle m'énervait d'avoir toujours raison. Je devais prévenir Thomas.
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# Posted on Sunday, 22 April 2007 at 10:25 AM

Edited on Sunday, 22 April 2007 at 10:49 AM