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Un matin je reçus une invitation pour l'inauguration d'une galerie d'art moderne en centre ville. Les oeuvres présentées étaient le résultat du travail de William Smith Junior, fils de l'illustre milliardaire William Smith Senior. J'avais souvent entendu parler de cet homme par mon père. Je l'avais même rencontré une fois pour je ne sais plus quelle occasion au sein de l'entreprise De Rochefort-Monfort. Je trouvais d'ailleurs étrange de trouver cette invitation dans ma boîte aux lettres puisque je ne faisais plus partie depuis longtemps de la jet set de cette ville.

Elysabeth :
Maman c'est moi.
Raymonde : Oui.
Elysabeth : Tu as reçu l'invitation pour la galerie d'art ?
Raymonde : Oui.
Elysabeth : Vous y allez avec papa ?
Raymonde : Non.
Elysabeth : Tu n'es pas très bavarde. Bon puisque vous n'y allez pas j'irai y faire un tour. Je ne voulais pas croiser papa.
Raymonde : Au revoir.

Ma mère était étrange ces-derniers temps. Elle ne parlait presque plus et elle avait l'air très fatigué. J'espérais que ses problèmes de santé ne se soient pas agravés.
Je pris le reste de la journée pour choisir LA robe de soirée à porter le soir même ainsi que la coiffure qui harmoniserait le tout. Après avoir choisi je pris le reste de l'après-midi à me préparer. Je me disais que je pourrais peut-être rencontrer quelqu'un.
Je pris ma voiture pour me rendre à l'exposition. Je n'étais pas une grande fan de l'art moderne mais j'avais envi de me mêler aux personnalités de la ville.

Après présentation de mon invitation, l'homme chargé de la sécurité me fit entrer. La salle d'exposition était vaste et les peintures se mêlaient aux sculptures. La salle était remplie de personnes mondaines et de journalistes. J'aperçus le fameux William Smith entouré de nombreux journalistes. Il avait un air prétentieux et très sûr de lui dans son petit costume bleu qu'il portait de manière assez détachée. Ses petites lunettes lui donnaient aussi un air sérieux mais ses cheveux en bataille sous entendaient le contraire. Je lui trouvais beaucoup de charme. Il était même très beau.
Je me mis à faire semblant de m'intéresser à une sculpture représentant trois vases de forme identique mais de couleurs différentes. Cet endroit de la pièce était un peu déserté par la foule alors j'avais voulu m'y réfugier quand quelqu'un me fit sursauter.

William Smith :
J'ai hésité pour le nom. Je voulais l'appeler "La boîte à souvenirs" mais j'ai opté pour "Le vase vide d'amour".
Elysabeth : Le deuxième titre est mieux.
William Smith : Nous n'avons pas été présentés. Je suis William Smith Junior.
Elysabeth : Je m'appelle Elysabeth De Rochefort.
William Smith : Je vous ai remarqué dès votre entrée dans cette pièce mais c'est le seul moment que j'ai trouvé pour vous parler.
Elysabeth : Moi aussi je vous ai remarqué. Je ne pouvais pas vous râter avec tous ses journalistes autour de vous.
William Smith : Je vous trouve sublime. Cette robe vous va parfaitement.

Il me draguait ouvertement devant tous ces gens. Je me sentis gênée et commençai à rougir. Je préférais mettre fin à cette conversation.

Elysabeth :
Merci à vous. Je dois partir maintenant. Contente d'avoir pu féliciter l'artiste.
William Smith : A bientôt je l'espère.

J'étais partie toute chamboulée par cet homme. Il était vraiment très beau et je n'étais pas insensible à son charme. Mais je me doutais qu'avec un physique comme le sien c'était un véritable séducteur et qu'il rentrait chaque soir chez lui avec une femme différente.
Le lendemain matin, je trouvai devant ma porte un vase avec une magnifique rose rouge dedans. Il y avait un petit mot.

"Je suis très heureux d'avoir fait votre connaissance. Hier soir quand vous êtes partie ça m'a manqué de ne plus pouvoir vous admirer. J'espère que vous accepterez cette modeste rose ainsi que l'invitation suivante. Voulez-vous bien déjeuner avec moi ce midi au Plazza ? Ne répondez à cette question que par votre présence ou non. Tendresse.
William Smith Junior"

Un milliardaire m'invitait à déjeuner. Un milliardaire gentleman qui plus est! Je pris la rose et cherchai désespérément une nouvelle tenue.
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# Posté le lundi 07 mai 2007 12:23

Modifié le lundi 07 mai 2007 13:56

*34*

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J'avais hésité à le rejoindre à l'adresse et à l'heure annoncées. Je n'avais pas déjeuné au Plazza depuis le jour de mon vingtième anniversaire. C'était quatre ans auparavant alors je ressentais quelquechose d'étrange à l'idée d'y retourner, à l'idée de faire les mêmes activités que dans ma jeunesse. Mais ce William avait quelquechose qui m'envoûtait, comme Thomas quatre ans plus tôt. J'avais fini par me dire que ce rendez-vous ne pouvait que m'apporter du positif alors j'avais choisi ma tenue et je m'étais préparée pour être là bas avec le quart d'heure de retard qu'il fallait. Après tout, il fallait savoir se faire désirer.
J'arrivai devant le Plazza à 12h45. Je l'aperçus devant l'entrée. Il avait toujours son air prétentieux mais là il semblait assez impatient. C'était un bon point pour moi.

William Smith :
Je me suis inquiété. Je me suis dit que vous n'alliez pas venir. J'aurai été déçu.
Elysabeth : Je suis arrivée maintenant.
William Smith : Je suis ravi de vous revoir. L'exposition d'hier vous a plu ?
Elysabeth : Oui mais je n'ai pas pris le temps de tout admirer. Je ne suis pas restée très longtemps.
William Smith : Oui je sais. Vous vous êtes enfuie comme Cendrillon aux douze coups de minuit. Entrons, j'ai réservé la meilleure table.
Elysabeth : Oui allons y.

La serveuse nous installa à une table deux personnes à l'écart des autres tables. William commanda du champagne pour fêter ce rendez-vous.

William Smith :
Alors dîtes m'en plus sur vous. Je veux tout savoir.
Elysabeth : Il n'y a pas grand chose à savoir. Comme vous avez pu le deviner je suis la fille de Georges De Rochefort mais je ne lui parle plus depuis quatre ans. Et désormais j'évite toutes les mondanités qui m'énervaient tant dans ma jeunesse.
William Smith : Alors je n'ai pas choisi le lieu idéal pour ce déjeuner ...
Elysabeth : Si, si. C'est très bien.
William Smith : Qu'est ce qu'il s'est passé avec votre père ? Vous n'êtes pas obligée de répondre. Je ne veux pas être trop indiscret.

Il était fascinant. J'arrivais à me confier à lui, il me mettait à l'aise.

Elysabeth :
Il n'a pas accepté ma première histoire d'amour et moi je voulais tout quitter pour l'homme que j'aimais.
William Smith : Vous êtes toujours avec cet homme ?
Elysabeth : Non. Il m'a quittée.
William Smith : Alors tant pis pour lui. Il ne sait pas ce qu'il rate. Une si jolie fille que vous. D'un autre côté tant mieux pour moi.

Il me regardait droit dans les yeux. Je préférais détourner le regard pour qu'il ne me voit pas rougir. La serveuse passa la commande. Le repas était délicieux. William Smith était très connu ici alors il obtenait tout ce qu'il demandait. Le repas continua comme il avait commencé. J'en appris plus sur lui. Il s'était lancé dans l'art moderne pour passer le temps et puis avait fini par y prendre goût. Il avait des galeries un peu partout dans le monde : Paris, Londres, New-York, Tokyo et Bruxelles. Sans compter celle qu'il venait d'ouvrir en ville. Il avait vingt-sept ans et était le seul fils de la famille. Il devait reprende l'entreprise de son père mais avait préféré se consacrer à l'art en premier. Il gérait l'entreprise à distance.
Le déjeuner prit malheureusement fin. J'aurais pu passer des heures à l'écouter et à le voir essayer de me séduire.

Elysabeth :
Merci pour ce déjeuner.
William Smith : C'était un véritable plaisir. Merci à vous d'avoir accepté.
Elysabeth : Je ne pouvais pas refuser. C'était si bien demandé.
William Smith : On pourrait peut-être se tutoyer. Je déteste le vouvoiement. Ca vieillit.
Elysabeth : Oui je suis bien d'accord. Je dois y aller.
William Smith : Tu accepteras une nouvelle sortie avec moi ?
Elysabeth : Oui mais il va falloir innover pour la demande! Allez au revoir.
William Smith : A bientôt.

Je vis une petite pointe de tristesse dans son regard quand il me vit partir. Quelle merveilleuse journée!

# Posté le mardi 08 mai 2007 08:51

Modifié le vendredi 18 mai 2007 13:09

*35*

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Le lendemain du déjeuner je trouvai une lettre de William dans ma boîte aux lettres.

"Merci encore d'avoir accepté mon invitation. C'était si soudain de ma part de t'inviter comme ça. Mais j'ai passé un excellent moment en ta compagnie. J'aurai voulu qu'il ne prenne pas fin aussi vite.Ce rendez-vous était très réussi et si tu te demandes "Va-t-il rappeler?", je ne te dirai qu'un mot OUI! Je crois que je ne peux déjà plus me passer de toi . William"

J'étais encore en train de tomber amoureuse. Mais il était si prévenant. On ne s'était vu que deux fois et pourtant il m'avait déjà déposé une rose devant chez moi et écrit les prémices d'une lettre d'amour. J'espérais juste qu'il était sincère.
La journée passa comme toutes les journées depuis trois ans. Sauf que cette fois ci toutes mes pensées convergeaient vers la même personne : William. Son sourire, ses mains, ses lèvres, ses yeux, son torse moulé dans son smocking, ses cheveux, ses lunettes. Tout en lui me faisait fondre. Mais je voulais cette fois ci ne pas recommencer comme avec Thomas. Je voulais prendre mon temps et ne pas précipiter les choses. J'étais allée trop vite avec Thomas et le résultat n'avait pas été brillant. Je voulais mettre toutes les chances de mon côté cette fois. Je devais être sur que William avait de bonnes intentions.

Je passai la soirée avec Claudia. On avait prévu de sortir en boîte entre filles avant qu'elle reprenne les cours. C'était sa seule journée de libre. Elle travaillait dans la boutique de sa mère. Elle tenait la caisse pendant que sa mère s'occupait de la confection des bouquets de fleurs. Alors elle aussi voulait profiter de son temps libre. Sa mère lui menait la vie dure au magasin et elle refusait toujours de lui dévoiler le nom de son père.

On passa la soirée entre le bar et la piste de danse. Je lui racontais mon rendez-vous avec William et elle me donna encore de nombreux conseils. Mais elle disait que si un avenir était possible entre lui et moi alors elle en serait très heureuse. Elle, elle ne s'occupait que très peu de sa vie sentimentale. Depuis son premier flirt avec un certain Romain, elle n'avait pas cherché à rencontrer quelqu'un d'autre. Mais là elle me raconta qu'elle avait rencontré quelqu'un à la boutique et qu'elle s'entendait bien avec lui. J'espérais qu'elle puisse enfin trouver du réconfort dans les bras d'un homme.

Elysabeth :
Tu devrais sauter sur l'occasion.
Claudia : Je l'aime bien mais tu sais moi les histoires d'amour ça ne m'intéresse pas.
Elysabeth : Il faut que tu sortes Claudia, que tu prennes du bon temps. Amuse toi. Profite, tu es jeune.
Claudia : Oui mais j'ai vu ce que ça a donné quand toi tu t'amusais un peu trop.
Elysabeth : Oui mais moi c'était différent. Je voulais oublier Thomas. Mais toi tu devrais profiter de tout ça.
Claudia : Mouais. De toute façon il a dit qu'il repasserait à la boutique. Alors j'aviserai à ce moment là.
Elysabeth : Tu es trop coincée. Monte dans sa voiture et saute lui au cou.
Claudia : Tu as un peu trop bu. Tes conseils ne valent pas grand chose.
Elysabeth : Allez viens on va danser. On arrivera peut-être à te trouver un type.
Claudia : Jamais tu ne me verras partir dans les toilettes ou dans ma voiture avec un homme.
Elysabeth : J'ai fait ça moi ?
Claudia : Oh que oui! Et pas qu'une seule fois. Heureusement qu'Antoine était là aussi. Mais bon tu ne dois pas t'en souvenir. A chaque fois tu étais ivre comme pas possible.
Elysabeth : Allez viens t'amuser et arrête de ne boire que du jus de fruit.
Claudia : Oui je te rejoins. Mais tu as encore trop bu.

Notre soirée passa à vitesse grand V puis après avoir déposée Claudia chez elle, je me mis dans mon lit et m'endormis. Ma nuit fut remplie de rêves. Tous concernaient William.

# Posté le mardi 08 mai 2007 13:44

*36*

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Un autre soir William vint me chercher dans une de ses nombreuses voitures de sport. Il avait choisi un restaurant un peu moins tape à l'oeil que le premier. Le repas se déroula de la même manière que la première fois. Il me draguait et je rougissais. J'avais très envi de l'embrasser mais je restais distante pour ne pas céder trop vite. Et il le savait très bien que je me contrôlais. Il connaissait son pouvoir de séduction.

William Smith :
J'aurai aimé t'emmener demain à la soirée d'ouverture du nouveau cinéma mais j'ai un dîner d'affaires.
Elysabeth : Tu sais je t'ai déjà dit que je ne rafolais pas des mondanités alors ça m'est égal qu'on n'y aille pas. De plus si tu as un dîner d'affaires le problème est réglé.
William Smith : Oui je dois rencontrer Antoine Monfort, le nouveau PDG de l'entreprise De Rochefort-Monfort. Enfin tu dois être au courant. Après tout ton nom fait partie du nom de cette entreprise. Tu le connais Antoine Monfort ?
Elysabeth : Bien sur que oui. C'est mon meilleur ami. Il ne m'avait pas parlé de ce dîner. D'un autre côté j'ai toujours refusé de travailler dans l'entreprise alors il n'a pas à me dire ce qu'il y fait.
William Smith : Je t'avoue que je ne te verrai pas à la tête d'une si grande entreprise. Tu es beaucoup trop douce pour te transformer en chef d'entreprise véreuse.
Elysabeth : Et ce dîner porte sur quoi ? Vous allez vous associer ?
William Smith : Oui. On va associer nos deux noms pour l'ouverture d'un centre pour les enfants défavorisés. Faire dans le social c'est bon pour la pub.
Elysabeth : C'est une très bonne idée même si elle ne nait pas des meilleures intentions qu'il soit.
William Smith : Est-ce qu'on t'a déjà dit à quel point tu étais belle ?
Elysabeth : Oui. Tu me le dis sans arrêt.
William Smith : C'est parce que c'est la vérité. Tu viens boire un dernier verre chez moi ?

Cette fois il y allait franchement. La petite drague de début était terminée. Il lançait les hostilités !!!

Elysabeth :
Une autre fois peut-être. Je suis assez fatiguée.
William Smith : Bon alors je te raccompagne.

Une fois devant chez moi, il descendit de la voiture pour m'escorter jusqu'à ma porte.

William Smith :
Je ne sais pas comment tu fais ...
Elysabeth : Comment je fais quoi ?
William Smith : Pour me résister autant.
Elysabeth : J'ai mon petit secret.
William Smith : Je ne baisserai pas les bras. Tu n'arriveras pas à te débarasser de moi aussi facilement.
Elysabeth : Merci pour le dîner.
William Smith : Je reviendrai te voir très vite.

Je ne voulais surtout pas qu'il baisse les bras. Je voulais qu'il continue de chercher à me séduire. Alors pour ne pas le décourager je déposai un léger baiser sur le coin de ses lèvres avant de lui sourire et de rentrer chez moi. J'étais définitivement amoureuse de lui. Et il le savait.
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# Posté le mercredi 09 mai 2007 09:22

*37*

*37*
Et le lendemain j'étais presque sûre de trouver quelquechose devant ma porte. Et c'était le cas. Un énorme bouquet de roses rouges trônait devant ma porte. Il était accompagné d'une petite carte. Comme chaque fois.

"Après ce baiser tu ne pourras définitivement plus te débarasser de moi. Tu m'as ensorcelé. C'est une sensation étrange. Je ne cesse de penser à toi. Tu me manques.
William."


Je souris après avoir lu la carte et je mis le bouquet sur ma table basse. Ma maison sentait le bon parfum des roses. Mais j'étais tracassée. Ma mère ne m'appelait plus et quand je le faisais elle semblait ailleurs. Elle m'inquiétait.

Raymonde :
Allo.
Elysabeth : Maman, c'est moi. Est-ce que ça va ?
Raymonde : Oui ça va très bien.
Elysabeth : Ne te fiche pas de moi. Quelquechose ne va pas et j'aimerai ne pas être laissée de côté. C'est ta santé ?
Raymonde : Non. Je suis en bonne santé. Je te dis que tout va bien.

Sa voix tremblante trahissait des sanglots étouffés. Elle ne me disait pas tout.

Elysabeth :
Maman dis moi la vérité s'il te plait.
Raymonde : Elysabeth j'aimerai que tu n'insistes pas. Je t'ai dit que tout allait bien un point c'est tout.
Elysabeth : Très bien. Alors dans ce cas tiens moi à l'écart mais ne viens pas chercher mon aide dans quelques temps.
Raymonde : Non attends. Excuse-moi. Je préfère juste ne pas en parler. Je ne suis pas prête.
Elysabeth : Dis moi juste de quel propos il s'agit.
Raymonde : Ca concerne ton père. Maintenant si ça ne te gêne pas, je préfère te laisser.
Elysabeth : Au revoir maman.

Allons donc. Qu'avait-il pu encore bien faire ? Il fallait vraiment qu'il intervienne au moment où je commençais à être heureuse. D'abord avec Thomas et ensuite avec William. Ma mère avait l'air vraiment chamboulée. Que me cachait-elle ?
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# Posté le jeudi 10 mai 2007 13:24