*38*

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Il fallait que je me renseigne. Puisque ma mère ne voulait rien me dire, je devais le découvrir par moi même.

Antoine :
Salut ma belle. Qu'est ce que tu fais ici ?
Elysabeth : Qu'est-ce que mon père a fait ?
Antoine : Quoi ?
Elysabeth : Je suis sûre que tu es au courant. Dis le moi s'il te plait.
Antoine : Je ne vois pas de quoi tu parles. Je t'assure. Je n'ai pas vu tes parents depuis pas mal de temps.
Elysabeth : Mais tu as vu TES parents. Ils ont du te dire quelquechose.
Antoine : Non. Je les ai entendus parler de ton père. Ils disaient que ça pourrait avoir des conséquences assez graves mais je ne sais pas de quoi ils parlaient.
Elysabeth : Des conséquences graves ? Il a des problèmes de santé ?
Antoine : Oui. Ca fait deux ans qu'il a des problèmes cardiaques.
Elysabeth : Ils parlaient peut-être de ça.
Antoine : Je ne pense pas. Ils avaient l'air de blâmer ton père.
Elysabeth : Alors cet enfoiré a fait quelquechose qui est en train de détruire ma mère. Tiens moi au courant si tu apprends quoique ce soit.
Antoine : Oui, aucun problème. Cela dit je pense que tu ne devrais pas t'en préoccuper. Mes parents ont tendance à tout dramatiser.
Elysabeth : Je sais. Mais ma mère non. Et il se passe quelquechose.
Antoine : Je retourne bosser. Etre à la tête d'une multinationale demande beaucoup de travail.
Elysabeth : Bon courage.

En rentrant chez moi je trouvai un mot de William.

"En fait l'inauguration du cinéma a lieu ce soir. Ils avaient décalé la date. Ca me plairait beaucoup que tu m'accompagnes. Je passe te chercher ce soir en limousine. Fais toi belle mais je n'ai aucun doute là dessus, tu es toujours magnifique. William."

Je n'avais pas vraiment la tête à ça mais je devais suivre le conseil d'Antoine et ne pas trop m'en préoccuper. Je mis encore plus d'une heure à choisir la bonne tenue. J'avais le sentiment que ce soir allait être le grand soir. J'avais bien besoin de me blottir dans les bras de quelqu'un.

# Posted on Friday, 11 May 2007 at 3:51 PM

*39*

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Comme prévu, William vint me chercher chez moi dans une luxueuse limousine noire. Je n'étais plus très habituée à me déplacer de la sorte mais ça ne me déplaisait pas. William était toujours très séduisant.

La soirée d'inauguration dura une éternité. William étant célèbre, il était beaucoup demandé par les journalistes ou même les invités. Mais jamais il ne m'a laissée seule. Il était resté très présent pendant la soirée. Un repas fut servi au restaurant du cinéma et un film fut projeté. Quand nous étions plongés dans le noir, William posa sa main sur la mienne et la caressa pendant toute la durée du film. Je sentais ses yeux posés sur moi.
Un pot était servi à la fin de la projection mais je n'avais qu'une envie et elle n'était pas réalisable dans ce lieu. Je me penchai pour parler à l'oreille de William.

Elysabeth :
On doit rester aussi pour le pot ?
William : Oui. Je n'ai pas vraiment le choix. Je dois assister à toutes les cérémonies de ce genre.
Elysabeth : Dommage.
William : Pourquoi ? Tu veux rentrer ? Tu peux utiliser la limousine si tu veux.
Elysabeth : Non je vais rester avec toi. Je n'ai pas envi de rentrer seule.
William : Mais si tu veux je peux prétexter un rendez-vous de bonne heure demain et filer à l'anglaise. Comme ça je pourrai te reconduire jusque ta porte.
Elysabeth : Ou peut-être plus ...

Je lui lançais un regard lourd de sous-entendus.

William :
Euh ... Oui ... D'accord. Je vais m'éclipser discrètement de cette soirée.
Elysabeth : Je t'attends dans la voiture.

Il arriva deux minutes après moi dans la limousine. Il chercha à m'embrasser mais je lui fis comprendre qu'il devrait encore attendre. Juste un peu.
Une fois devant ma porte il s'apprêtait à partir mais je lui ouvris la porte et l'invitai à rentrer. Il fut surpris mais accepta l'invitation. Une fois tous les deux dans mon hall d'entrée, je l'embrassai. C'était un de ses baisers si passioné et si attendu. La caresse de ses lèvres contre les miennes était douce et tendre. Il embrassait à merveille. Je lui pris les mains et l'invitai à monter dans ma chambre. Il me suivit et me porta pour me coucher sur mon lit. On passa la nuit ensemble. La meilleure nuit de ma vie. Il était si ... merveilleux.
Il partit dans la nuit en prenant soin de déposer des bouquets de rose tout le long de mon allée. Un petit mot y était associé.

"J'ai préféré partir avant ton réveil. J'avais peur que tu regrettes cette nuit et que tu me le fasses comprendre. Alors en partant ce matin, j'ai voulu conserver la beauté de ces instants. C'était formidable. Tu es magnifique. Tu as fait de moi le plus heureux des hommes. Je croise les doigts pour que tu ne mettes pas fin à cette histoire. J'ai envi de te revoir très vite et c'est la première fois depuis que nous nous fréquentons que je ne suis pas sur de la réponse. Je suis envoûté. William."

J'étais amoureuse.
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# Posted on Tuesday, 15 May 2007 at 3:21 PM

Edited on Monday, 28 May 2007 at 12:55 PM

*40*

*40*
Ce que je n'avais pas prévu en faisant des avances en public à un homme plutôt célèbre, c'était de voir ma face à la Une des magazines. Quand en me réveillant je trouvai le journal devant chez moi avec mon nom en gras sur la première page, je ne pus m'empêcher de remarquer que la photo était à notre avantage. Cette magnifique nuit m'avait enlevé le goût de me mettre en colère. Pourtant ma vie privée était étalée mais cela m'importait peu. Ce n'était pas la même chose pour William.

William :
Tu as lu le journal ?
Elysabeth : Tout d'abord bonjour. Tu m'as manqué après ton départ. Tu aurais du rester.
William : Oui mais je ne savais pas trop si je pouvais. Alors, tu as lu le journal ?
Elysabeth : Oui mais je me fiche de ce que les journalistes peuvent raconter. Après tout, rien n'est faux. On a bien fait ce qu'ils disent.
William : Je n'aime pas trop ce genre de publicité.
Elysabeth : Mais tu es connu pour tes nombreuses aventures.
William : Oui mais pas pour des relations sérieuses. J'ai peur qu'en nous voyant souvent ensemble, les journalistes portent des conclusions hatives et que cela nous effraie.
Elysabeth : On est prévenu. Tu sais ce qu'ils diront alors laisse les dire.
William : Tu supporteras d'être constamment épiée ?
Elysabeth : Je ferai avec. Si c'est le prix à payer pour être avec toi alors je le payerai.
William : Les journalistes sont parfois effrayants.
Elysabeth : Je sais. J'ai passé mon enfance avec Georges De Rochefort.
William : Désolé pour tout ça. Je vais me débrouiller pour qu'ils nous laissent en paix.
Elysabeth : Comme tu veux.
William : A bientôt. Tu me manques. Il me tarde de revenir.
Elysabeth : Je t'attendrai.

Le téléphone sonna toute la journée.

Raymonde :
Ton père est content de cette nouvelle.
Elysabeth : Ca me fait une belle jambe. Il est hors de ma vie.
Raymonde : Tu aurais pu me mettre au courant.
Elysabeth : C'est relativement récent. Je n'ai jamais trouvé le bon moment pour t'en parler. Et toi comment ça va ?
Raymonde : Bien. Ca va bien.
Elysabeth : Tu ne veux toujours rien me dire ?
Raymonde : Je t'appelais juste pour te féliciter. Je dois partir. A plus tard ma puce.
Elysabeth : Mam ...

Elle avait raccroché. Il allait vraiment falloir que je m'occupe de tout ça. Le téléphone sonna de nouveau. C'était Antoine.

Antoine :
Tu ne choisis pas n'importe qui.
Elysabeth : On s'est rencontré par hasard et c'est lui qui m'a fait la cour.
Antoine : Dommage qu'il ne soit pas gay. J'en aurai bien fait mon quatre heures.
Elysabeth : Antoine!
Antoine : Oui, oui c'est bon. Mais il faut reconnaître qu'il est plutôt mignon en plus d'être riche à souhait.
Elysabeth : Je te signale que tu n'as pas vraiment de problèmes d'argent. Et oui c'est vrai il est plutôt mignon.
Antoine : Et au lit ? Ca doit être un coup d'enfer !
Elysabeth : Antoine! Ca ne va pas de parler de lui comme ça. Arrête tout de suite tes fantasmes.
Antoine : Oh ça va. Si on ne peut même plus rigoler ... Tu aurais quand même plus me le dire que tu fréquentais le célibataire le plus convoité de ce pays.
Elysabeth : Bon je vais te laisser. On se verra plus tard.

Le téléphone sonna toute la journée. Les journalistes voulaient que je leur accorde une interview mais je refusais toujours. Même Alain m'avait appelé pour me dire que je faisais la Une jusqu'au Canada. Quelle vie de star !


*** Désolée pour cette Une de journal très peu réussie !!! ***

# Posted on Thursday, 17 May 2007 at 5:57 AM

Edited on Friday, 15 June 2007 at 11:53 AM

*41*

*41*
Six mois étaient passés depuis cette première nuit avec William. Six mois durant lesquels William avait fêté son vingt-huitième anniversaire et m'avait présentée officiellement à sa famille. Antoine avait continué à diriger l'entreprise familiale et Claudia avait eu son premier semestre.
Ma mère s'était obstinée à ne rien me dire. Elle disait que c'était pour me protéger. Mais je voyais qu'elle supportait de moins en moins le poids de ce secret. Un midi contre toute attente, elle m'invita au restaurant. Elle s'était décidée.

Raymonde :
C'est au sujet de ton père.
Elysabeth : Il t'a fait du mal ? Il s'en est prit à toi ?
Raymonde : Non. Au contraire. Pour se rattraper il m'emmenait au restaurant, on retrouvait une deuxième jeunesse. On est partit en week-end dans notre chalet. Il était devenu le plus aimant des maris. Ce qu'il n'avait jamais été pendant ces vingt-cinq années de mariage. Et l'amour que j'avais pour lui autrefois et qui était enfoui au fond de moi avait à nouveau éclos. J'étais amoureuse de mon mari pour la première fois en quinze ans.
Elysabeth : Tu ne t'es pas doutée qu'il cachait quelquechose ? Tu n'as pas trouvé son comportement étrange ?
Raymonde : Si au début. Mais après j'ai voulu ne plus réfléchir et profiter de ce court temps. Car je savais qu'il serait court. Je voulais aimer un homme une dernière fois. C'est désormais fait.
Elysabeth : Tu parles comme si tu allais m...
Raymonde : Non rassure-toi. Je ne vais pas mourir. Mais c'est juste que je savais que ton père cachait quelquechose. Et je savais que je ne pourrais plus l'aimer quand j'aurais découvert son secret. Et c'est le cas. Je l'ai aimé de nouveau pendant ces quelques temps. Maintenant c'est fini.
Elysabeth : Tu as décidé de divorcer ?
Raymonde : Non. J'ai décidé de le soutenir mais de lui fermer mon coeur.
Elysabeth : L'heure est-elle venue que tu me dises ce qu'il cache ?
Raymonde : Oui je crois que tu dois savoir.

Ma mère m'expliqua le terrible secret que cachait mon père. Elle souffrait beaucoup de cela du fait qu'elle s'était laissée tenter par l'amour une dernière fois. Je ne fus pas triste de cette nouvelle. J'étais en colère contre lui. Je lui en voulais de n'avoir rien dit pendant toutes ces années. Ma mère affirme qu'il ne savait rien mais je n'avais plus confiance en mon père depuis tellement de temps que je ne pouvais pas le croire. J'étais restée forte pour ma mère. Je l'avais trouvée vieillie et amaigrie. Pourquoi s'était-elle autorisé à l'aimer ? Elle aurait mieux fait de ne pas faire ressurgir ses sentiments enfouis depuis si longtemps. Je ne l'avais jamais vue si désespérée. Elle se sentait trahie. Elle nous sentait trahies.

Quand je rentrai chez moi, la lumière de mon répondeur clignotait. C'était un message de Claudia.

"Elysabeth, c'est Claudia. Il faut absolument que je te parle. C'est U-R-G-E-N-T."

# Posted on Friday, 18 May 2007 at 1:44 PM

Edited on Friday, 15 June 2007 at 11:56 AM

*42*

*42*
Ayant ignoré le message de Claudia, elle m'invita chez elle pour avoir la discussion qu'elle attendait.

Claudia :
Tu aurais pu me rappeler. J'ai quelquechose de très important à te dire.
Elysabeth : Je sais de quoi tu veux parler.
Claudia : Il t'en a parlé ? Il te l'a dit ?
Elysabeth : Oui.
Claudia : Tant mieux. Ca m'évitera de t'aider à supporter le choc. Et tu en penses quoi ?
Elysabeth : Que veux-tu que j'en pense ? C'est comme ça. Je ne peux rien y faire.
Claudia : Et Antoine t'a dit ce qu'il en pensait ?
Elysabeth : Non. Pourquoi ? Il n'a rien à voir avec ça.
Claudia : Non, attends, je ne te suis plus. Tu m'as dit qu'Antoine t'avait mise au courant.
Elysabeth : Quoi ?
Claudia : Je t'ai demandé et tu m'as dit oui. Tu parles de quoi ?
Elysabeth : De rien.
Claudia : Mouais. Je ne suis pas convaincue. Mais on verra ça plus tard. Bon alors je ne vais pas pouvoir t'épargner le choc.
Elysabeth : Le choc de quoi ?
Claudia : C'est au sujet d'Antoine et ...
Elysabeth : Et ?
Claudia : Et de ... moi ...
Elysabeth : Je ne comprends rien. Quel rapport il y a entre Antoine et toi ?
Claudia : On a couché ensemble hier ...
Elysabeth : Vous avez ... QUOI ?
Claudia : Je ne sais pas ce qui s'est passé. On passait l'après-midi ensemble et sans qu'on comprenne pourquoi, on était dans son lit.
Elysabeth : Tu parles bien du même Antoine que moi là ? Tu parles de MON Antoine ?
Claudia : Oui ...
Elysabeth : Mais ... il est ... GAY !
Claudia : Sur le coup il ne l'était pas tant que ça.
Elysabeth : Oh ça va, épargne les détails. Mais comment vous en êtes arrivés là ?
Claudia : Je ne sais pas. On était allé se baigner puis après on est allé dans sa chambre et on se parlait et petit à petit on a commencé à s'embrasser et puis tu connais la suite.
Elysabeth : Et tu ... l'aimes ?
Claudia : Non ... oui ... je ne sais pas.
Elysabeth : Il t'a rappelée ?
Claudia : Non. Il doit être aussi mal que moi. Il a du réaliser l'erreur qu'on avait faite.
Elysabeth : Oui probablement. Non mais quelle idée tu as eue! Il y a plein de mecs dans cette ville mais il a fallu que tu choisisses celui là.
Claudia : Je te signale qu'il est autant à blâmer que moi. Mais toi, tu parlais de quoi au début ?
Elysabeth : Rien. J'ai mélangé certaines conversations.
Claudia : Je fais quoi pour Antoine ?
Elysabeth : Débrouille toi. Ce n'est pas moi qui me suis jetée dans les bras d'un pur homosexuel. Assume maintenant.
Claudia : Merci, c'est gentil.

J'étais un peu jalouse de cette intimité naissante qui était loin de se terminer entre Claudia et Antoine .

Je trouvai un mail de William.

" Je passe te chercher ce soir pour aller déjeuner. J'ai une chose importante à te dire."

Mais qu'avaient-ils tous ?
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# Posted on Saturday, 19 May 2007 at 4:35 PM